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Les CPE de la Gaspésie ne sentent pas les effets

Des jeunes fréquentant un CPE en Gaspésie Photo:

GASPÉ, octobre 2019- Un léger glissement de clientèle a été remarqué des Centres de la petite enfance vers les classes  de maternelle quatre ans depuis leur création en Gaspésie, mais on est loin de la vague appréhendée, particulièrement cette année où les classes sont plus nombreuses, mais le nombre d’élèves inscrits diminue.

C’est ce que constate le Réseau des services à la petite enfance de l’Est-du-Québec (RESPEQ) à la suite de la dernière rentrée scolaire. En fait, les « pertes » d’enfants se comptent sur les mains.

« Probablement qu’il y a des milieux qui ont perdu quelques enfants. Pour le moment, la vague n’est pas si grosse. Il y a des milieux où la maternelle quatre ans existait depuis quelques années. Dans ces milieux, les pertes ont été plus grandes la première année. Par exemple,  à Gaspé, ils ont perdu près de 15 enfants et cette année, ils en ont perdu un. L’impact n’est pas si grand que ça pour le moment », analyse la coordonnatrice pour la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine du RESPEQ, Marie-Christine Boudreau.

Selon elle, la répartition des classes de  maternelle quatre ans en Gaspésie versus les municipalités offrant un CPE permet une forme d’équilibre pour la clientèle.

« Il y a encore des écoles où il n’y en a pas [de maternelle quatre ans]. Souvent aussi, dans les secteurs où il y a de la maternelle quatre ans, ce sont des villages un peu plus petits où il n’y a pas nécessairement des CPE. Exemple, à Saint-Alphonse, à Saint-Siméon ou les petits villages autour de Gaspé ont beaucoup de maternelle quatre ans mais il n’y avait pas nécessairement de CPE. Dans ces cas-là, ce sont plus les milieux familiaux (les centres de garde en) qui ont écopé », explique-t-elle.

La vague est beaucoup moins forte, Mme Boudreau soulignant que plusieurs classes de maternelle quatre ans annoncées n’ont pas vu le jour dans les écoles.

Qui est le mieux placé en Gaspésie pour les 4 ans

Le débat a fait rage à savoir à quel établissement -  un CE ou une classe de maternelle quatre ans -  le dépistage de problèmes sera plus efficace. Le RESPEQ estime que la réalité diffère par rapport à d’autres régions du Québec.

La formation de base est différente et pour les éducatrices en CPE, les études sont axées sur le développement de la petite enfance.

« L’éducatrice fait une technique de trois ans concentrée sur le développement de l’enfant 0-5 ans en service de garde. À l’école, c’est le BAC en enseignement préscolaire- primaire où il n’y a pas beaucoup de cours qui touche le préscolaire : c’est deux. C’est certain qu’elles ne sont pas spécialisées en petite enfance. Je ne dénigre pas les enseignantes du tout du tout. Le cours pour la petite enfance est vraiment concentré sur les 0-5 ans », analyse Mme Boudreau.

La coordonnatrice estime qu’il y a autant de spécialistes dans les CPE que dans les écoles pour détecter les problèmes de développement, grâce notamment aux collaborations avec les CLSC.

« Je ne pense pas qu’il y a plus de raisons de détecter à l’école. Les services sont similaires. »

Y-a-t-il une distinction entre CPE et maternelles quatre ans?

À ses yeux, les parents ont besoin de faire la différence, mais les CPE ont plutôt choisi la voie de montrer leurs propres services.

«   Juste faire valoir ce qu’on offre, nos services. Et la réponse a été là. Plusieurs CPE n’ont pas perdu d’enfants. On a pris le temps d’expliquer aux parents et ici, en Gaspésie, je pense que les parents ont plutôt choisi de garder le calme et le petit rythme de l’enfant le plus longtemps possible », poursuit la coordonnatrice dans son analyse.

 

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